Ce n’était pas une terre de lacs, de marais. La Garonne nous semblait loin. L’eau ne s’y rencontrait que par hasard. Un mince ruisseau glissait dans le creux herbeux d’un fossé avant de disparaître dans la pénombre d’une buse de béton. Au détour d’un chemin, dissimulées par un coteau, les eaux verdâtres d’un lac d’irrigation surgissaient, clapotant contre des berges ourlées, bordées de saules pleureurs.

Au village, un petit cours d’eau passait, l’Aussonnelle, qui prenait sa source dans la province du Savès pour rejoindre la Garonne quelque quarante kilomètres plus loin. Là, mon père m’amenait observer et capturer des grenouilles. Il fallait différencier la grenouille rousse de la grenouille agile, la rieuse de la Lessona.

 L’ombre moite des roseaux, le secret des limons

Rien ne m’enthousiasmait plus que ces heures passées à l’affût, le regard rivé sur les frémissements de l’eau, l’ondoiement des algues, l’observation patiente et dévouée de la vie qui se logeait dans les interstices des pierres, l’ombre moite des roseaux, le secret des limon

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