Ce 26 septembre, alors que c’est encore la nuit, on me prévient par téléphone qu’il y a eu des explosions à l’usine Lubrizol et qu’il y a un incendie. C’est le bazar, me dit-on, les pompiers interviennent et des routes sont bloquées.

Je me lève pour voir si, de chez moi, on voit quelque chose. Une lueur intense orange et jaune. On croirait un coucher de soleil en retard et mal orienté. Au-dessus un panache de fumée noir et gigantesque.

J’habite sur la rive gauche de Rouen, celle où vivent majoritairement les ouvriers et salariés qui travaillent dans des usines à risque. Le vent dirige le nuage vers la rive droite, vers les plus nantis (quoique). Pour une fois les prolos seront moins touchés. Pour celles et ceux qui habitent juste en lisière de Lubrizol, et il y en a, c’est une autre histoire.

Au fur et à mesure que le jour se lève et que le nuage noir s’épaissit, je pense à AZF. J’ai des images qui me reviennent d’ateliers détruits, de voitures et d’habitations dévastées.

L’odeur est écœurante. Les hélicos tournent comme des mouches autour d’un cadavre. À la radio, les jour

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