Quotidienne

Bélarus : complice ou otage de la Russie ?

Soutien affiché de Moscou dans la guerre en Ukraine, le Bélarus d’Alexandre Loukachenka cherche à maintenir sa relation avec la Russie sans s’investir militairement. Spécialiste du Bélarus, Anaïs Marin analyse la position de cette ex-république soviétique.

Bélarus : complice ou otage de la Russie ?

Quel poids joue le Bélarus actuellement dans le conflit en Ukraine ?

À l’instar de leurs homologues russes, les autorités bélarusses s’efforcent de brouiller les pistes sur leur implication dans le conflit. Tout en affirmant ne pas y prendre part, il est avéré que des attaques de l’aviation russe et des missiles ont été lancés sur l’Ukraine depuis le territoire bélarusse dès les premiers jours de l’invasion. Bien qu’il soit encore impossible de le vérifier, certains ont allégué que des troupes d’élite bélarusses participeraient aux combats et que des soldats aient été intégrés à des bataillons russes, sous uniforme russe. Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a qualifié le 25 février le Bélarus de « facilitateur » (enabler) de l’agression russe, mais d’autres voix se sont élevées dans le camp occidental pour le considérer comme « co-belligérant » et adopter des sanctions. Il est cependant intéressant de noter que l’Ukraine considère le Bélarus comme « otage » de ce conflit et cherche à dissuader son armée de s’impliquer davantage. 

Comment Poutine utilise-t-il ce pays pour mener sa guerre en Ukraine ? 

Plus que tout autre pays de l’espace post-soviétique, du point de vue de Poutine, le Bélarus a vocation à rester dans le giron russe. Cependant, faute d’avoir pu vassaliser totalement Loukachenka (1), la Russie se sert de ce territoire pour mener son offensive. Début février, 30

16 mars 2022