Quotidienne

Ouïghours : « La haut-commissaire de l’ONU reprend à son compte le récit chinois »

Marie Deshayes, journaliste

Vanessa Frangville, professeure en études chinoises

Michelle Bachelet, en visite au Xinjiang fin mai, n'a fait que servir la propagande de Pékin, dénonce Vanessa Frangville, professeure en études chinoises. 

Ouïghours : « La haut-commissaire de l’ONU reprend à son compte le récit chinois »
photo Wouter Van Vooren

La haut-commissaire des droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, a achevé le 28 mai une visite au Xinjiang. Dans cette région, la Chine est accusée de réprimer brutalement la minorité musulmane ouïghoure, par des internements ou du travail forcé –  une résolution visant à interdire les produits en résultant doit d'ailleurs être soumise au vote du Parlement européen, ce jeudi. 

L’ancienne présidente chilienne a affirmé que sa visite n’était pas « une enquête ». Un rapport détaillé sur la situation des Ouïghours, réalisé par ses équipes, dormirait dans un tiroir depuis des mois, expliquait récemment Le Monde

Chercheurs et ONG dénoncent une position onusienne bien trop timide. Ce déplacement décevant aurait même permis à la Chine d’asseoir sa propagande, de l’avis des experts comme Vanessa Frangville, professeure en études chinoises et directrice du centre de recherche EASt de l’Université libre de Bruxelles.

 

Vous dites que Michelle Bachelet n’a parlé que des camps lors de sa visite au Xinjiang, alors que la situation dépasse largement ce seul aspect de la répression. Expliquez-nous.

Cela fait des années que les universitaires travaillent à fournir de la documentation, à expliquer ce qui est en train de se passer, à proposer des analyses. Une faible partie d’entre nous a été consultée par l’ONU. Et ce que Michelle Bachelet a dit et fait pendant cette visite ne correspond en rien aux informations qu’elle a reçues des experts.

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