Quotidienne

Liban : avant un véritable changement politique, « la route sera longue »

Florian Mattern, journaliste

May Maalouf Monneau, politologue

En pleine crise économique majeure, les élections législatives libanaises du 15 mai ont vu l’émergence de nouvelles forces politiques issues des mouvements de contestation. L’éclairage de la politologue May Maalouf Monneau.

Liban : avant un véritable changement politique, « la route sera longue »

Dimanche dernier, les Libanais se sont rendus dans leurs bureaux de vote pour renouveler le mandat des 128 députés qui composent le parlement monocaméral du pays. Première échéance électorale depuis le début de la thaoura – les importantes manifestations qui ont secoué le pays depuis octobre 2019 – et après la dramatique explosion dans le port de Beyrouth en août 2020, ce scrutin pouvait permettre à de nouvelles forces politiques contestataires d’émerger dans le paysage politique et modifier l’équilibre des pouvoirs entre les partis traditionnels en place depuis la fin de la guerre (1975-1990). 

Le Courant patriotique libre (CPL) du président Michel Aoun n’obtient que 17 sièges, 12 de moins qu’en 2018, pendant que le Courant du futur de l’ancien Premier ministre Saad Hariri perd 14 des 20 places obtenues il y a quatre ans. De son côté, le Hezbollah parvient à reconduire 13 élus. Alors que la majorité requiert 65 députés, aucun parti ni coalition de partis ne se démarque, divisant ainsi le parlement libanais en plusieurs blocs distincts.

La politologue spécialiste du Liban May Maalouf Monneau nous apporte son éclairage sur les résultats du scrutin. 

 

Que nous disent les résultats des élections législatives qui viennent de se tenir ? Les listes de l’opposition issues de la thaoura ont-elles bouleversé la répartition des sièges entre les partis traditionnels ?

Les premiers résultats de ce scrutin laissent penser que le paysage politique libanais change de façon indéniable mais que l

18 mai 2022