Poutine inquiète l’Ukraine et d’autres pays de son « étranger proche ». Que pèse son armée et a-t-il les moyens de son ambition ?

Le président de la Fédération de Russie a tout à fait les moyens de son ambition. D’autant plus que l’armée est aujourd’hui l’outil central de sa politique étrangère. C’est la donnée de base depuis 2008. Après les dysfonctionnements constatés lors de la guerre de Géorgie, Vladimir Poutine a entrepris un très profond processus de modernisation des équipements, de la stratégie et du personnel.Il est passé d’une armée de conscription à une armée composée pour moitié de professionnels. Il dispose d’environ 900 000 hommes, dont 280 000 hommes de troupe, ce qui veut dire que près de la moitié des forces terrestres russes sont actuellement positionnées autour des frontières de l’Ukraine. Il a modernisé tous les équipements et les chaînes de commandement. J’attire en particulier l’attention sur les forces de parachutistes dirigées par le général Serdioukov, qu’on a vu à l’œuvre en Tchétchénie, en Crimée, dans le Donbass et très récemment au Kazakhstan où, en moins de dix jours, il a repris le contrôle des infrastructures critiques, mettant fin à une tentative de coup d’État. Toujours depuis 2008, Moscou a engagé un plan de modernisation des équipements de 300 milliards de dollars.

Enfin, Poutine a adopté la doctrine militaire de Valéri Guérassimov, son chef d’état-major, qui consiste à mobiliser toutes les ressources non militaires à des fins militaires : les moyens économiques, politiques, diplomatiques, informationnels. Ils la nomment la « dissuasion stratégique ». L’objectif de la doctrine Guérassimov est de brouiller notre compréhension, notre lecture des événements. Il s’agit bien d’empêcher les pays occidentaux de déterminer si nous sommes face à une situation de paix ou de guerre. Ces méthodes étaient autrefois l’apanage des services de renseignement. Cela rend très difficile l’évaluation des risques à chaud, et donc la décision. Et l’on constat

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