L’impossible est finalement survenu. Les commentateurs s’étaient longuement exprimés depuis une semaine sur la possibilité d’une majorité relative du groupe présidentiel, voire sur l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire. Les plus férus d’histoire parlementaire évoquaient le gouvernement Rocard, qui, en 1988, avait dû partir à la recherche des quelques voix manquantes pour établir une majorité instable, finalement permise par quelques personnalités centristes disponibles pour une « ouverture » vers la majorité présidentielle. Au pire, jugeait-on, une alliance avec Les Républicains constituerait la planche de salut du gouvernement dont les orientations semblent pencher de plus en plus à droite.

Mais personne n’avait prévu ce petit séisme que l’on appelle, dans les régimes parlementaires comme la Grande-Bretagne ou le Canada, un « Parlement suspendu » (hung parliament). De quoi s’agit-il ? D’une assemblée à la majorité introuvable, aux groupes parlementaires tellement polarisés sur le plan idéologique que toute alliance en devient impossible. Ce scénario « cauchemar », synonyme d’instabilité et d’incertitude dans un système institutionnel de la Ve République pourtant entièrement conçu pour empêcher une telle situation, est aujourd’hui devant nous. Face à cette situation unique dans l’histoire

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