Quand je suis arrivée à Paris en juin 1968, juste après la révolution, j’ai ressenti un choc. J’avais pourtant connu le Swinging London, les filles qui se baladaient pieds nus sur King’s Road avec un simple tee-shirt et une robe à cinq balles, l’effervescence culturelle, David Bailey et Twiggy, les Beatles et les Stones, mais, en réalité, entre l’internat à l’île de Wight et mon mariage avec John Barry, j’étais un peu passée à côté. Cette ambiance m’avait juste donné l’arrogance de m’habiller court et de me promener avec mon panier acheté à Berwick Market pour trois fois rien, je crois qu’il était portugais.

Paris représente pour moi la découverte de la liberté. Il faut dire qu’avec Serge, j’étais sidérée par la vie nocturne parisienne, toutes ces lumières qui nous attirent comme des papillons. Nos nuits commençaient Chez Régine ou Chez Castel, on passait par une boîte de jazz près de l’Étoile, Le Calavados, où Serge jouait à quatre mains avec Joe Turner. On continuait au Raspoutine, les musiciens nous raccompagnaient sur le trottoir en jouant la Valse triste de

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