L’effroi de l’oubli ! Qu’on vous oublie dès que la mode passera, dès le lendemain du trépas, à peine le train parti, y a-t-il pire que cela ? Il semble bien que oui. De l’oubli, on peut renaître : il n’y a qu’à voir Toutânkhamon au nom martelé jusqu’à l’effacement, au tombeau miraculeusement redécouvert. Une chouette vie après la mort. Mais de la postérité, on ne se relève pas. Aussi, quand elle décide de faire les gros bras pour vous empêcher de vous montrer tel que vous êtes, le combat est perdu d’avance. Parmi ceux qu’elle maltraite, il y a Émile Zola. Entre lui et nous, elle a élevé deux falaises quasi infranchissables : la généalogie remuante des Rougon-Macquart et l’affaire Dreyfus.

Je ne peux croire qu’Émile n’en ait pas eu l’intuition. À la veille de sa mort, l’Affaire n’en finit pas de se rappeler à son bon souvenir et les Rougon-Macquart, comme Sherlock Holmes ou Misery Chastain, collent aux doigts de leur créateur avec autant de détermination que l’horripilant bout de sparadrap à ceux du capitaine Haddock. Pourtant, derrière ces deux pestes d’Everest, nous attend un carpediem

Vous avez aimé ? Partagez-le !