Je porte au service public un attachement déraisonnable. Enfin, c’est ce qu’on dit. Il s’est tenu à l’université d’Angers, en septembre 2016, un colloque sur « les critiques libérales du service public ». Pour les résumer, elles tournent autour des points suivants : 1) le service public entraîne des atteintes à la propriété privée ; 2) il occasionne des déséquilibres au détriment des plus pauvres ; 3) il est inutile du point de vue de l’égalité ; enfin, petit 4) il est le lieu de dérives autoritaires.

De fortes raisons pour y renoncer ? Pas si sûr, une réfutation point par point est possible. Pour moi, je me contenterai de leur opposer ce sentiment confus, diffus, que le service public est notre bien le plus précieux. Ce sentiment irrigue et anime la conscience populaire. La conscience populaire n’est pas forcément férue de droit administratif ou d’histoire. Elle distingue mal les fonctions régaliennes de celles qui ne le sont pas. Elle n’a pas de rapport direct avec les premières, défense nationale, justice, police, sauf pour en accepter parfaitement le principe : qui souhaiterait que la défense nation

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