À l’été 2021, la presse suédoise annonçait que le sidérurgiste SSAB venait de livrer une commande d’acier entièrement décarboné, c’est-à-dire produit sans recours à des sources d’énergie fossiles. Une première mondiale et une source de fierté industrielle pour un pays connu pour ses exportations, mais aussi pour son ambition d’être à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique. Si la production d’acier représente à elle seule entre 5 et 7 % des émissions des gaz à effet de serre (GES) globales, c’est qu’elle nécessite des températures extrêmement élevées, entre 1 200 et 1 400 °C, voire plus, et que l’intrant dominant a jusqu’ici été le coke de charbon. À la place, SSAB utilise de l’hydrogène produit uniquement à partir de sources renouvelables.

Difficile d’imaginer exemple plus parlant d’une stratégie d’entreprise qui s’inscrit dans la politique climatique et y trouve son nouveau modèle économique. L’acier décarboné sort actuellement de la phase expérimentale, et SSAB promet de terminer la conversion en 2030, soit quinze ans plus tôt que prévu initialement. Le gouvernement se félicite déjà d’une baisse de 10 % de l’ensemble des émissions de GES territoriales suédoises, tandis que les carnets de commandes de l’industriel se remplissent par anticipation ; en 2021 déjà, le producteur d’automobiles Volvo exposait le premier véhicule produit à partir d’acier décarboné, et les premiers modèles commercialisés sont prévus pour 2026.

Naturellement, SSAB sera bientôt suivi par d’autres aciéristes européens ; les recherches et les expérimentations vont bon train un peu partout et l’on opte pour des solutions techniques différentes. Mais, globalement, la lenteur des transformations industrielles contraste avec l’urgence climatique. En France, l’État a annoncé en février dernier un soutien financier massif à la conversion des deux sites d’ArcelorMittal (D

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