À quand remonte le premier âge d’or du vélo comme mode de déplacement dominant ?

À 1891, quand le vélo moderne est au point. Michelin a inventé le pneu facilement démontable. Le vélo devient confortable et n’est plus ce que les Anglais appellent un boneshaker, un « secoueur d’os ». Ce vélo moderne est alors un produit high-tech avant l’heure. Il concentre 1 500 pièces parfaitement ajustées. C’est la naissance de la production de masse, qui commence par le vélo et la machine à coudre. On les fabrique dans les  mêmes usines, comme les armes. 

C’est déjà le vélo pour tous ?

Non, car il coûte encore très cher, de l’ordre de 7 000 euros en 1891 ! Puis les prix vont baisser avec l’industrialisation. Ils seront divisés par dix entre 1895 et 1935, ce qui rendra le vélo accessible au « populo ». Mais au début, ce sont les bourgeois qui s’emparent de cette nouveauté destinée au seul loisir. Le vélo se démocratise très vite, mais il sera détrôné par l’automobile, consacrée par le Salon de l’auto de 1900. Le premier âge d’or du vélo est donc bref, mais il est extraordinaire. Ce ne sont pas les Pays-Bas mais les États-Unis qui se sont le mieux saisis du phénomène. En 1900, on recense 10 millions de vélos outre-Atlantique pour 76 millions d’habitants ! C’est le taux d’équipement le plus élevé au monde.

Mais en France, le vélo deviendra pourtant le symbole du Front populaire de 1936 et des congés payés.

Si le vélo se ringardise assez vite dans la bourgeoisie, il est en effet adopté par les classes populaires. Il est bien moins cher que la voiture et que le tramway. On découvre qu’on peut l’utiliser pour aller au travail en décuplant la distance atteignabl

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