Quotidienne

Susie Morgenstern : « Quand j’écris, j’ai 14 ans »

L’icône de la littérature jeunesse vient de publier Écrire, c’est respirer (Le Robert) et Je suis un génie (L’Iconoclaste). Derrière ses lunettes roses en forme de cœur, elle nous propose une météo intérieure entre grand soleil et nuages d’orage…

Susie Morgenstern : « Quand j’écris, j’ai 14 ans »
photo Marie Deshayes

Quelle est votre météo intérieure ?

Elle est turbulente, faite de hauts et de bas. Du côté des hauts : j’ai deux livres qui viennent de sortir, et c’est toujours exaltant. C’est le but de ma vie personnelle.

On vient de fêter la sortie de l’un d’eux, Écrire, c’est respirer, aux éditions du Robert. J’habite à Nice mais je me rends régulièrement à Paris, où habite une de mes filles, professeur de linguistique à Paris 3. Les six heures de train sont un régal pour moi. On est sur les rails, on n’a pas de choix à faire, de décisions à prendre, on peut lire et regarder des séries (je suis une grande toxicomane de séries). En ce moment, je suis sur En thérapie.

Et du côté des bas ?

Je suis très inquiète, même paniquée, au sujet du climat. Je viens de lire une bande dessinée éditée par le CNRS (1) sur le sujet, expliqué très clairement. Ma petite-fille, qui est climatologue et vient de soutenir sa thèse, me l’a offert pour que je comprenne. Malheureusement, j’ai compris la gravité de notre abîme.

Sur un plan plus personnel, je viens de fêter mes 77 ans et je remarque une certaine détérioration de ma météo, avec des changements assez inquiétants dans ma vie personnelle et physique. Chaque pas qu’on fait est potentiellement une chute... Je ne suis plus dans

13 mai 2022