Le logement a-t-il toujours été cher en France ?

Jusqu’à la fin des années 1990, les prix de l’immobilier ont augmenté à un rythme régulier, avec un prix d’achat moyen correspondant à trois années de revenu des acheteurs. Mais entre 1998 et 2008, la France a connu une hausse spectaculaire des prix de vente, qui ont plus que doublé. Pourquoi ? D’abord en raison d’une chute très marquée des taux d’intérêt, de 9 % en 1992 à 5 % en 1998, et jusqu’à 3,5 % en 2005. Or, plus les taux d’intérêt sont bas, plus vous pouvez rallonger la durée de votre emprunt lorsque vous accédez à la propriété. Donc, pour une même somme empruntée, les mensualités de remboursement ont baissé, ce qui a permis aux vendeurs de relever les prix. Et ceux-ci ont augmenté au cours de cette décennie partout sur le territoire français, ce qui n’est pas normal dans un marché régi par l’offre et la demande. Mais dès la moitié des années 2000, la hausse des prix a dépassé les possibilités nouvelles offertes par la baisse des taux d’intérêt. Depuis lors, le marché est devenu de plus en plus sélectif, laissant de côté une part toujours plus importante de la population.

Qui a bénéficié de cette hausse ?

Les « papy-boomers » en premier lieu. Au début des années 2000, les quinquagénaires, qui ont joui dans les années 1980 de conditions plus simples d’accession à la propriété, avaient fini de rembourser leurs emprunts et disposaient de revenus confortables pour beaucoup d’entre eux : ils se sont alors lancés dans l’investissement locatif, et ont contribué à la forte vitalité du marché immobilier. Car si le marché est si animé, c’est d’abord à cause des gens qui sont déjà propriétaires de leur logement, et qui ne sont donc pas victimes de cette hausse des prix.

Qu’est-ce qui a changé à partir de la crise de 2008 ?

D’abord, un relatif coup d’arrêt de la hausse des pri

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