Les maires le savent bien : le logement arrive en tête des préoccupations des habitants au sein de leurs permanences. Pas étonnant car, sans logement digne de ce nom, pas d’intimité, pas d’espace pour se reposer à l’abri des regards. Difficile de travailler dans de bonnes conditions ou de trouver un emploi. Difficile aussi de se projeter, de fonder ou d’agrandir la famille. Et pourtant, 142 000 personnes étaient sans domicile fixe en 2012 – une augmentation de 50 % en dix ans, selon la dernière enquête Insee. Au total, 900 000 personnes sont privées de logement personnel. Parfois, avoir un logement ne protège pas non plus des difficultés. Parce que le logement est trop petit ou parce qu’il est indigne, comme c’est le cas pour des centaines de milliers de propriétaires ou locataires en copropriétés dégradées, pour des propriétaires en milieu rural qui vivent dans des taudis ou pour des personnes modestes souffrant de précarité énergétique dans des logements mal isolés alors que le coût de l’énergie flambe.

Certes, les choses ont évolué depuis l’appel de l’abbé Pierre en 1954 : les Français n’ont jamais disposé d’autant de mètres carrés par personne et les logements privés du confort sanitaire de base se réduisent comme peau de chagrin. Mais notre pays compte encore 4 millions de mal-logés, auxquels s’ajoutent 12 millions de personnes fragilisées dans leur rapport au logement. Et il est une réalité dont les conséquences sont particulièrement préoccupantes dans les territoires où le marché est tendu : le logement trop cher.

Les dépenses de logement ont doublé en cinquante ans. D’après l’enquête SRCV (Statistiques sur les ressources et conditions de vie) de l’Insee de juillet 2018, les ménages consacraient en moyenne 19,3 % de leurs revenus aux dépenses de logement après déduction des aides en 2015. Mais ces moyennes masquent d’importantes disparités : la dernière enquête Logement de l’Insee, parue en 2013, montre

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