Pour la troisième fois depuis 2002, la gauche est absente du second tour de l’élection présidentielle. La campagne électorale aura tout particulièrement malmené ses électeurs et sapé leur vote de conviction. Après avoir subi la division à gauche, s’être résignés au vote utile au premier tour, les voici devant un nouveau cas de conscience. Les clés de l’élection présidentielle sont, en partie, entre leurs mains. Vont-ils sauver le président sortant ? Et à quel prix ?

L’élection de 2022 aura reproduit pour Jean-Luc Mélenchon la dynamique de 2017 : le candidat insoumis a bénéficié sur le fil d’un puissant vote utile en sa faveur. Dans la dernière enquête du Cevipof (publiée quelques jours avant le premier tour), 39 % des personnes déclarant voter pour lui disent ne pas le faire par adhésion. Des pans entiers des électorats socialiste, communiste et écologiste ont surmonté leurs réserves sur les positions anti-atlantistes controversées du tribun, sa radicalité et son style trop clivant pour privilégier un vote « efficace », éloigné de leurs préférences idéologiques. Ce vote par défaut était dans une large mesure fondé sur un pari et l’anticipation d’un dilemme cornélien : éviter un deuxième duel Macron-Le Pen qui mettrait encore davantage à l’épreuve leurs convictions. Ce scénario n’a pas été déjoué. Les électeurs de gauche sont en situation d’arbitrer un second tour qui s’annonce beaucoup plus serré que prévu. Une pression considérable pèse désormai

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