Elles poussent leurs coups de gueule dans les magazines, crient leur colère en chœur dans les rues de Paris, dévoilent leurs seins devant les ambassades. Elles portent de fausses barbes et envoient des culottes souillées de peinture rouge à l’Élysée. À l’instar de leurs aînées, les militantes féministes d’aujourd’hui savent s’exprimer par l’action. Mais pas que ! Connectées, voire geeks assumées, elles maîtrisent aussi Internet et sont déterminées à en faire une arme de combat aiguisée. 

Au départ, rien n’était gagné. Lorsqu’en 1996, les « Internénettes » lancent le premier site web  féministe français, leur message est timide. Sur la page d’accueil, elles déclarent vouloir « créer un lieu de rencontre et de discussion, valoriser le rôle des femmes dans les nouveaux médias et créer des liens avec d’autres sites féminins, le tout sans trop se prendre au sérieux ». 

« Il y a vingt ans, Internet était un espace très masculin. Les femmes ont d’abord dû y imposer leur présence avant de défendre leurs idées », explique Lucy Halliday, une étudiante à l’université d’Angers qui consacre son mémoire au féminisme en ligne, un sujet encore peu exploré. Grâce aux archives numériques, elle analyse l’évolution des sites français depuis leur création, les revendications mises en avant et les modes d’action employés. 

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