À quel moment a-t-on pris conscience de la nécessité de protéger les espèces menacées ?

Il est difficile de dater cela précisément, c’est arrivé progressivement. Les gens ont d’abord pris conscience de l’existence d’une espèce, puis d’une autre, dans différents pays, à différents niveaux de la société. Ils se sont mis à lire et à comprendre davantage à mesure que s’est accélérée la destruction des écosystèmes. Une chose est sûre, lorsque j’ai commencé à travailler en 1960, personne ne s’inquiétait de l’extinction des espèces parce que cela n’était pas une réalité comme aujourd’hui. Nous parlions seulement du lointain dodo, dont l’extinction remonte au xviie siècle.

Quelles sont les grandes urgences actuelles ? Faut-il donner la priorité à certaines régions ou à certaines espèces ?

Le changement climatique et la perte de biodiversité touchent désormais tous les écosystèmes et tous les pays. Bien sûr, certains s’en sortent mieux que d’autres. L’Europe se débrouille plutôt bien avec ses projets de réensauvagement. De nombreuses régions tentent de sanctuariser des zones et de les restaurer. C’est très excitant. On reconstitue des forêts qui ont disparu, on réintroduit des animaux. Au Royaume-Uni, tout le monde parle actuellement du castor. Son mode de vie favorise l’apparition de terres humides, excellents remparts contre les inondations. Le réensauvagement est une très bonne stratégie, même si certaines personnes, qui préfèreraient construire une énième route ou un énième centre commercial, n’aiment pas l’entendre dire.

Vous avez aimé ? Partagez-le !