Scandale démocratique, crise de régime, voire fin du macronisme… Les commentaires qui fusent à chaud depuis le vote raté de la réforme des retraites semblent bien éloignés de la seule question de l’avenir de notre régime de répartition. Ce qui se joue dans la crise politique actuelle ne se résume évidemment pas à une réforme impopulaire et mal conduite. L’opposition avait beau jeu de le scander lors de l’annonce du 49.3 jeudi dernier : les retraites ont certes été le détonateur, mais elles ne sont plus l’enjeu de la colère populaire.

Si l’on s’en tient à la seule réforme ratée, les responsabilités du fiasco sont partagées. La Première ministre et le gouvernement sont comptables de n’avoir pas su créer de consensus politique autour d’une réforme dont la communication, erratique, demeurera un anti-modèle du genre. Les oppositions, quant à elles, ne sortent pas grandies de cet épisode. L’agit-prop permanente dont elles ont fait preuve ne constitue pas une politique, et encore moins une alternative (en)viable au pouvoir actuel. Les Républicains portent une responsabilité particulière dans cette situation, eux qui n’ont été capables ni de soutenir cette réforme ni de s’y opposer. Responsables du déclenchement de la crise, ils sont aujourd’hui un parti-croupion qui constitue bien davantage une source de blocages qu’une huile dans les rouages de notre système partisan : ni véritable opposition ni soutiens fiables de la majorité. Les syndicats ont su donner corps à la colère de nombreux travailleurs. Cependant, malgré une action efficace et légitime, en demandant le retrait pur et simple de la réforme, ils ont radicalisé la confrontation avec le gouvernement, ne lui laissant aucune marge de manœuvre pour négocier une sortie honorable.

Le principal responsable de la situation est sans conteste le locataire de l’

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