Nul n’aura sans doute mieux incarné le socialisme que Pierre Mauroy dont la place et le rôle à la tête du premier gouvernement de gauche de la Ve République mériteraient d’être reconsidérés tant ils furent grands. Il réussit, en effet, ce miracle de concilier ses convictions avec les exigences et les contraintes du pouvoir, d’adapter ses rêves à la réalité d’un monde qui entrait en mutation. Il en pressentait, d’ailleurs, les menaces pour sa famille politique qu’il voyait avec lucidité se couper déjà de l’électorat populaire. Un constat qu’il résumait en une simple phrase : « Nous ne faisons plus les cages d’escalier. Nous les avons abandonnées au Front national. »

Les années ont passé sans que cette leçon-là soit tirée. Depuis 1981, le Parti socialiste a passé vingt et une années au pouvoir. Cinq de plus que la droite ! Au fond, il a géré le pays sans drame, sans commettre d’erreur définitive ni faire de miracles, suivant le fil de l’eau de l’Histoire, comme la droite l’a d’ailleurs fait. Dans cette alternance faite de batailles électorales ininterrompues, le PS est devenu une machine politique, une fabrique de programmes, une pépinière pour professionnels de la politique. Nombre de ses élus d’aujourd’hui n

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