La scène se passe en Inde il y a quelques années. Nous avons fait halte dans un hôtel et, au petit déjeuner, je fais la queue avec d’autres clients pour obtenir une omelette : un cuistot les prépare sous nos yeux, et elles ont l’air délicieuses. Mais que l’attente est longue ! Je m’impatiente et me penche pour comprendre. C’est clair : le cuisinier est très minutieux, ajoute de nombreux ingrédients, épices et légumes, les uns après les autres, bavarde avec les clients… Mais un détail me frappe : alors qu’il dispose de deux feux et deux poêles devant lui, il n’en utilise qu’une. « Il pourrait aller deux fois plus vite s’il se servait des deux », me chuchote mon cerveau d’Occidental pressé. Et aussitôt, je réalise à quel point je suis intoxiqué : je suis en vacances, je n’ai pas d’horaire à respecter ce matin-là, et me voilà agacé d’attendre une délicieuse omelette, souhaitant que ce brave cuisinier accélère, ne parle plus aux clients, bâcle son travail, pour servir mon appétit absurde de vitesse et d’accélération ! Cet auto-allumage spontané de mon logiciel cérébral d’accélérite me montre à quel point le mal est profond, en moi comme en beaucoup de mes contemporains…

Pourquoi se presser ?

Nous souffrons d’accélérite, ce besoin que t

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