Notre philosophie du temps est grandement tributaire du rapport que nous entretenons avec lui. D’où notre empressement à lui attribuer autant de qualificatifs que nous voyons de temporalités différentes : ainsi parlons-nous de temps « vide » sous prétexte que rien ne se passe, ou que nous nous ennuyons ; de temps « cyclique » dès que nous voyons des événements se répéter à l’identique ; de temps « psychologique », avec l’idée qu’il s’agirait là d’une sorte de second temps, autonome, qui évoluerait de lui-même sans se soucier de l’heure qu’indiquent les montres ; mais aussi de temps « biologique », « géologique », « cosmologique »… Comme si le temps se confondait, de par son essence même, avec les divers déploiements dont il est le support et qui lui servent de décor ou d’habit. 

Et surtout, constatant que tout fonce, à commencer par nous-mêmes, que nous sommes devenus des « Cyber-Gédéon » ou des «&n

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