L’une des singularités de la crise sociale que la France traverse depuis plusieurs mois tient à ce qu’elle repose en partie sur une contestation de la légitimité démocratique du président de la République à agir au nom de la majorité des citoyens. Accusé d’être mal élu, de promouvoir une réforme impopulaire et de réduire la démocratie à des procédures, le chef de l’État n’a cessé d’attiser la défiance envers les institutions et la colère populaire. La critique la plus communément avancée par ses détracteurs est celle de la surdité du pouvoir face au mécontentement. L’exécutif violerait ainsi l’une des règles implicites de la démocratie, qui veut que l’autorité politique s’exerce non seulement au nom du peuple mais aussi pour et avec lui.

Ce que révèle le blocage politique actuel tient à ce titre au sentiment que le gouvernement agit sans le consentement des citoyens, d’où un rejet très ferme du 49.3, devenu en quelques années la manifestation emblématique d’un déni de démocratie. Le dialogue de sourds entre le chef de l’État défendant la légitimité de son élection et les protestataires l’accusant de violenter la démocratie témoigne de l’incompréhension par l’Élysée du fait que le consentement à l’autorité ne peut

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