Un mois après le début de la guerre, où en sommes-nous sur le plan militaire ?

L’invasion a échoué. Les troupes russes sont dans un état extrêmement inquiétant pour elles. À l’heure actuelle, sur la base des moyens mobilisés, le but de guerre initial, à savoir la conquête de l’ensemble de l’Ukraine, est hors de portée. Est-ce que cela signifie que Poutine a perdu sa guerre ? Pas forcément. Il peut parfaitement décider d’augmenter les moyens utilisés, de faire pression en utilisant des armes de destruction massive, par exemple. De ce point de vue, il reste le maître du jeu. 

Il n’est donc pas en position de faiblesse aujourd’hui, malgré les déboires de son armée ?

Tout dépend de ce que vous êtes prêt à faire pour obtenir quelque chose. Il est clair que si vous utilisez l’arme nucléaire contre un pays non nucléaire, vous avez de fortes chances de l’emporter – au risque de déclencher la Troisième Guerre mondiale. Ce qu’il a fait jusqu’ici ne préjuge pas de ce qu’il va faire demain.

L’Ukraine peut-elle négocier avec Poutine dans ce contexte ?

Le fait que l’armée russe se fasse étriller permet en effet à l’Ukraine de négocier dans une position de relative force. D’où le caractère assez impressionnant des concessions que le président Zelensky se sent en mesure de faire, lorsqu’il a proposé la semaine dernière de lâcher l’intégralité du Donbass et de reconnaître l’annexion de la Crimée. Il n’aurait pas été en mesure de proposer une négociation sur cette base si l’Ukraine connaissait une déroute.

Pourquoi jugez-vous ces concessions impressionnantes ?

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