Pour beaucoup, l’affaire est entendue : la gauche est (enfin) morte. Ses partis et leurs appareils antédiluviens, ses leaders aux sempiternelles querelles picrocholines, ses idées désuètes d’égalité et de solidarité universelles, ses bons sentiments et ses rêves dépassés. Aux poubelles de l’histoire, les gauchistes et les anciens soixante-huitards accusés de tous les maux, coupables surtout d’avoir voulu changer le monde sans y parvenir. Exit les vieux militants communistes rendus comptables des horreurs commises par les usurpateurs en uniforme des rêves de Marx et d’Engels. Haro sur tous ceux qui, de près ou de loin, pourraient encore rêver d’une alternative à la réalité fabriquée pour eux.

En France comme dans le reste de l’Europe, la tendance est aux idées conservatrices, voire réactionnaires, et les commentaires qui proclament la fin du clivage droite-gauche annoncent en réalité, en sous-texte, la disparition définitive de la gauche – l’existence d’une droite forte et d’une extrême droite conquérante ne faisant, en revanche, de doute pour personne. Il faut reconnaître que les fossoyeurs de la gauche historique ont des arguments à faire valoir. Les partis de masse qui se revendiquaient hier de cette famille politique, à commencer par le PS, agonisent. Vides d’idées et de propositions, ils sont devenus des images creuses à force de ressasser les mêmes vieux slogans et, une fois au pouvoir, de décevoir par leur incapacité à agir sur le réel.

Dans le marigot de la défaite, alors que s’affrontent les ambitions qui émergent immanquablement dans ces périodes de crise, aucune figure ne surnage. Les militants se sont égaillés dans la nature. Une partie a rejoint Emmanuel Macron, le considérant comme le meilleur continuateur de l’action de François Hollande, l’autre Jean-Luc Mélenchon, voyant en lui le seul véritable représentant d’une opposition de gauche. De leur côté, les sympathi

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