La mort sonne parfois comme une libération. La gauche qui a rendu l’âme en France et presque partout ailleurs en Occident agonisait depuis de trop longues années pour ne pas accueillir son trépas avec une forme de soulagement. Il était temps qu’on en finisse. Nul besoin de traquer ses assassins ou d’inventer des conjurations secrètes : elle s’est noyée dans son propre vide, au vu et au su de tous. Aucune larme n’est requise. Ce qui devait arriver arriva. RIP. 

Elle ressemblait au perroquet empaillé de Félicité dans Un cœur simple de Flaubert : un totem rongé par les vers et adoré par des aveugles. Le spectacle kitsch de ses campagnes creuses, le rituel ecclésiastique de ses votes « utiles », la litanie ininterrompue de ses trahisons programmées nous permettaient de ne plus réfléchir et apportaient des réponses automatiques à des questions que nous n’avions même plus besoin de poser. Ils nous rendaient bêtes, simplement.

Délestés enfin de l’illusion d’exister, nous pouvons recommencer à être. Ou au moins à essayer d’être. Tout reprendre à zéro autour de nous et en nous. Retourner à la bibliothèque lire les vieux livres poussiéreux que nous avions délaissés ou dans les bastions perdus écouter les anciens fidèles que nous avons oubliés. Sortir des réflexes pavloviens et des conduites automatiques. Creuser jusqu’aux racines. Douter. Penser. 

Qu’est-ce que la gauche, au fond ? L’idée, la croyance plutôt, le sentiment même, intime et commun à la fois, que la cité peut inverser l’ordre dit « naturel » des choses et renverser les structures de domination sociale. C’est la traduction contemporaine et politiqu

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