Quand sait-on que l’on est amoureux ? Quand sait-on qu’une histoire d’amour est finie ? Je me souviens de la réponse invariablement mystérieuse de mon entourage à ces questions posées à différentes périodes de l’existence : « Quand cela arrivera, tu le sauras. » L’évidence que semble provoquer l’amour ou le désamour pour celui qui les vit est source d’un savoir paradoxal. On sait sans vraiment savoir. Comme on sait quand on est heureux, ou quand on souffre, et que l’on ne peut rien dire de sa joie ou de sa douleur. D’où le travail de discernement que suppose l’amour, car s’il y a des signes qui ne trompent pas quand on aime, il n’y a pas de preuve d’amour au sens de connaissance. Ainsi nous pouvons vivre dans le déni de l’amour : on peut croire aimer quelqu’un sans l’aimer vraiment, et on peut aussi passer à côté d’un amour véritable. Il faut parfois des années pour accéder à l’amour caché au fond de son cœur. Il y a quelque chose qui demeure mystérieux dans l’amour. C’est la raison pour laquelle ce sont les poètes ou les romanciers qui en parlent le mieux.

Il y a des signes qui ne trompent pas quand on aime. Je suis touchée par la présence de celui que j’aime en un point insaisissable de mon être qui me rend attentive et disponible pour lui, comme pour nul autre. Il est unique à mes yeux. Sa manière de marcher, le tremblement de sa voix, l’éclat de son rire. Sa singularité me captive. Sa présence me requiert tout entière, corps, esprit et âme. Cette posture d’attention et de récepti

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