Ma première rencontre avec Emmanuel Macron, c’était à Bercy où il décorait mon vieil ami Gilles Kepel. J’avais été frappé par l’aisance attentive avec laquelle le jeune ministre, dans son discours d’éloge, avait à cœur de cerner le profil de l’éminent islamologue. André Gide divisait le monde entre les subtils et les crustacés. Paul Morand, quant à lui, voyait l’espèce humaine partagée entre les modestes et les présidents. Par combinaison, disons que l’on avait affaire avec Macron à un président subtil. J’avais déjà remarqué, dans le documentaire de Patrick Rotman sur la première année de François Hollande à l’Élysée, que ce jeune conseiller inconnu était le seul, sans irrévérence mais sans déférence excessive, à prendre la parole de façon tranchée dans les réunions de cabinet autour du président. Cela trahissait du caractère. Mais les griffes du chat pouvaient se rétracter dans la fourrure. Il ne restait alors que le coussinet. Macron, comme je l’éprouvai à Bercy, pouvait être agréablement flatteur, et s’acqu&ea

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