Comment analysez-vous la nouvelle situation ?

Faute d’avoir un diagnostic réaliste – c’est-à-dire profondément pessimiste – de la situation française, il sera impossible de transformer la société. Autrement dit, la seule solution pour le président Macron, c’est de devenir churchillien, de promettre sang, sueur et larmes. Je ne suis pas sûr que les électeurs français, surtout les seniors, soient très mûrs pour aller dans cette direction. Ceux qui avaient vingt ans en 1968 ont bien tiré leur épingle du jeu. Au bout du compte, il n’y a pas parmi eux de vrais perdants dans la société telle qu’elle évolue depuis cinquante ans. Le point important, c’est que nous avons assisté à une grande loterie électorale dont le gagnant a été Emmanuel Macron. Les élections législatives permettront de voir à quel point cette victoire est fragile ou solide. Nous assistons avant tout à une recomposition sociale et politique dans laquelle le centre semble l’emporter. Il faut conserver à l’esprit les scores de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon au premier tour : ils expriment une situation de tensions extrêmement fortes.

Quel est le grand chantier que devra mener en priorité Emmanuel Macron ?

À long terme, la priorité serait de reconstruire le pays ! Reconnaissons que les diagnostics posés pendant la campagne électorale ont paru légèrement évanescents. À moyen terme, il faut reconstituer un équilibre entre les générations. Notre État-providence est à bout de souffle. Les systèmes de retraite, de santé, de soins pour le quatrième âge, sont indexés sur un niveau de croissance économique qui est celui des ann&eacut

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