À quoi ressemble la diplomatie française aujourd’hui ?

Le Quai d’Orsay est une petite administration : 13 500 agents, parmi lesquels 5 350 titulaires. Les deux tiers travaillent dans les postes diplomatiques et consulaires, et un tiers à Paris. Il est assez difficile de cerner le profil social exact de ces diplomates, car il n’existe pas, à ma connaissance, d’étude quantitative sur leurs origines sociales. Pas facile donc de vous dire s’ils sont toujours issus de la grande bourgeoisie ou s’il y a une plus grande diversité sociale. Mon intuition, en l’absence de chiffres, est que cette diversité est plus importante qu’on ne le croit souvent. En France, à la différence de pays comme l’Allemagne ou le Brésil, on peut devenir diplomate de plusieurs manières. Il y a la voie de la fonction publique générale, à travers l’Institut national du service public (INSP), l’ancienne École nationale d’administration (ENA). Mais il y a aussi la possibilité de passer l’un des concours propres au Quai d’Orsay, notamment le célèbre « concours d’Orient », qui recrute les locuteurs de langues rares. Parmi les cadres, la formation à Sciences Po reste tout de même dominante. Ensuite, quel que soit le concours d’entrée, différents facteurs vont influencer le cours d’une carrière. Le fait d’avoir passé du temps dans un cabinet ministériel est souvent un accélérateur. Entrent également en jeu les mentors, les filières et, surtout, la réputation. Le Quai d’Orsay est un microcosme où les informations circulent vite et où un faux pas peut considérablement ralentir une carrière.

En 2022, les diplomates français se sont mis en grève. La situation était-elle inédite ?

Il y avait déjà eu un précédent en 2003, lorsque le ministre Dominique de Villepin avait annoncé un

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