Je n’habite plus à Forbach, mais Forbach m’habite. Il demeure en moi une sorte d’intranquillité, une zone sensible que je revisite depuis quelques années, une parcelle de mon enfance qui ne me laisse pas en paix. Cette « contrée de moi-même » est nichée dans le bassin houiller de Lorraine, une terre de terrils recouverts de verdure, de chevalements et de cathédrales industrielles transformées en musées. Forbach est associée au FN, un peu comme Hénin-Beaumont. Pourtant le parti de Marine Le Pen n’y a pas encore planté son drapeau comme les astronautes l’ont fait sur le sol brûlé de la lune. À chaque scrutin, Forbach ressort de l’oubli. Florian Philippot, le médiatique lieutenant de la patronne frontiste, y sème sa mauvaise graine depuis des années. Et visiblement sur cette terre de charbon mélangée à la sueur de ceux qui ont perdu leur santé à en extraire l’or noir, la graine a poussé, poussé, poussé.

Les prochaines échéances promettent une belle moisson, dans la foulée de laquelle le numéro 2 du parti d’extrême droite espère gagner son ticket d’entrée à l’Assemblée nationale. J

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