Quelle définition donneriez-vous de la biodiversité ?

C’est un terme qui a émergé à la fin des années 1980 et qui a connu un grand succès à partir du Sommet de la Terre en 1992, au point qu’il paraît désormais près de 30 000 articles scientifiques par an faisant référence à la « biodiversité ». Or, la réalité qui se cache derrière ce terme est assez complexe. La biodiversité, c’est d’abord la biosphère, soit l’ensemble du tissu vivant de la planète. On peut ensuite l’observer avec différentes lunettes : cette biodiversité se caractérise-t-elle par sa richesse – soit le nombre d’espèces que l’on a sous les yeux – ou par des abondances – soit le nombre d’individus présents dans chaque espèce ? Et quel poids représentent ces différentes espèces dans le tissu total ? Sur la Terre, on sait aujourd’hui que la biodiversité pèse au total 550 milliards de tonnes, en poids carbone. Sur ces 550 milliards, les plantes en pèsent 450, les bactéries 70, et les animaux seulement 2 milliards de tonnes. Et encore, sur ces 2 milliards, la moitié de ce poids est occupée par les arthropodes [des invertébrés parmi lesquels les araignées, les insectes, les crustacés, etc.], devant les poissons et les mollusques. Et enfin, si l’on se concentre sur les mammifères seuls, alors l’humanité ne représente que 0,06 milliard de tonnes, les animaux domestiqués 0,1, et les mammifères sauvages seulement 0,007. Cela signifie que le poids total des mammifères sauvages, dont l’ensemble des éléphants ou des baleines, est aujourd’hui quinze fois inférieur à celui des animaux que nous élevons pour notre usage !

Assiste-t-on à un recul de cette biodiversité ?

Depuis quelques décennies, nous sommes en mesure de quantifier objectivement les évolutions de la biodiversité. En Allemagne, par exemple, on sait désormais scientifiquement que 76 % des insectes ont disparu en une trentaine d’années. Mais il faut comprendre ce que signifie ce chiffre : aucune espèce d’insectes n’est éteinte, mais au sein de chaque espèce les abondances sont en fort déclin. En 2019, l’IPBES (l’équivalent en matière de biodiversité de ce que le Giec est dans le domaine climatique) a publié un rapport anticipant que 500 000 à 1 million d’espèces seraient menacées d’extinction. Ce chiffre est marquant, car il souligne l’ampleur des déclins d’abondance. Mais il gagne à être

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