Cela s’est produit malgré lui. C’est un film sans sous-titres, sans scénario. L’histoire d’un anti-fantasme par excellence mué en catalyseur de tous les fantasmes. Parce que la politique est avant tout une affaire de pulsions, de désirs, de projections dont il est devenu l’incarnation, Alain Juppé demeure le favori des sondages.

Août 2016, meeting de Chatou. Murmures dans la tente de presse : « pas un bon tribun », « l’ennui incarné », « je vous le jure, le type ne passera jamais le cap de la conquête du pouvoir »... Ne jurez pas, Marie-Thérèse. Les journalistes ne sont pas les électeurs. Plus fort que les programmes, plus fort que les effets de scène ou les transes du public, il y a l’imaginaire, la partie arrière du cerveau, le transfert que chacun opère de ses attentes, de ses manques, de son idéal sur un candidat.

Depuis l’annonce de sa candidature en août 2014, Alain représente le fantasme conscient de l’anti-sarkozysme. Plus récemment, il a ajouté une corde à son arc, personnifiant le fantasme inconscient d’un canon politique déserté, regretté. Le dernier des Mohicans agrège toute l’iconographie romantique politique : l’homme qui fait passer l’intérêt général

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