Comme ministre du Développement, vous avez beaucoup œuvré pour que cette 21e conférence des parties de l’ONU soit un succès. Quels en sont les enjeux ?

Cette 21e COP doit nous mener au premier accord universel sur le climat incluant les États-Unis et les pays émergents : le protocole de Kyoto [ratifié en 1997] est un cadre issu du XXe siècle devenu inefficace. Encore en vigueur aujourd’hui, il ne couvre que 15 % des émissions mondiales, celles des pays européens qui sont les seuls à continuer à l’appliquer.

Le deuxième enjeu de l’accord est de nous remettre sur une trajectoire compatible avec le seuil de réchauffement de 2 °C au-delà duquel les scientifiques parlent de « point de non-retour ». En poursuivant sur le rythme actuel, sans processus de négociation, nous sommes sur une trajectoire de réchauffement de 4 °C. Paris doit donc être l’accord du XXIe siècle !

La majorité des pays ont déjà annoncé les « contributions » (c’est-à-dire leurs objectifs nationaux de réduction des émissions) pour corriger la trajectoire. Les comptes sont-ils bons ?

Pour l’instant, les contributions annoncées ne correspondent qu’à la moitié de l’effort nécessaire pour ne pas dépasser les 2 °C. Ce qui doit sortir de Paris et ce sur quoi il y a un accord croissant, y compris de la part de la Chine et des États-Unis, ce sont, en plus des contributions nationales, le principe d’un rehaussement de ces contributions tous les cinq ans et la fixation d’un objectif de long terme qui visera le « zéro carbone » avant la fin du siècle.

Ces ambitions doivent être financées. Où en sommes-nous des décisions prises à Copenhague en 2009, notamment par rapport à l’engagement

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