Climat : pourquoi il faut agir

Climat : pourquoi il faut agir

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29 Octobre 2015

Humus, humanité, humilité

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La longue marche pour le climat

« Paris doit être l’accord du XXIe siècle »

Comme ministre du Développement, vous avez beaucoup œuvré pour que cette 21e conférence des parties de l’ONU soit un succès. Quels en sont les enjeux ?

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Paris doit donc être l’accord du XXIe siècle ! La majorité des pays ont déjà annoncé les « contributions » (c’est-à-dire leurs objectifs nationaux de réduction des émissions) pour corriger la trajectoire. Les comptes sont-ils bons ? Pour l’instant, les contributions annoncées ne correspondent qu’à la moitié de l’effort nécessaire pour ne pas dépasser les 2 °C. Ce qui doit sortir de Paris et ce sur quoi il y a un accord croissant, y compris de la part de la Chine et des États-Unis, ce sont, en plus des contributions nationales, le principe d’un rehaussement de ces contributions tous les cinq ans et la fixation d’un objectif de long terme qui visera le « zéro carbone » avant la fin du siècle. Ces ambitions doivent être financées. Où en sommes-nous des décisions prises à Copenhague en 2009, notamment par rapport à l’engagement des pays riches de mobiliser pour les pays pauvres 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 ? Les annonces de financements publics supplémentaires faites par la France et le Royaume-Uni à New York lors de l’assemblée générale des Nations unies sont très importantes, car elles prennent le relais de celle de l’Allemagne en juin. La pression est maintenant sur les États-Unis et le Japon, ainsi que sur les banques de développement. Le chemin vers les 100 milliards est atteignable, mais ce n’est pas encore acquis ! Sans compter les mesures qui vont permettre de réorienter le financement de l’économie mondiale pour développer une économie neutre en carbone. C’est un champ nouveau qui étend le domaine de la lutte contre le dérèglement climatique au secteur financier privé. Je travaille sur ces questions depuis longtemps et je constate que les mentalités commencent à évoluer. La finance prend conscience qu’elle aurait beaucoup à perdre, elle aussi, dans un monde à + 4 °C ! La COP15, qui s’est déroulée à Copenhague en 2009, incarne aujourd’hui l’échec dont personne ne veut. La COP de Paris peut-elle éviter un nouvel écueil ? Plusieurs facteurs changent la donne, en premier lieu l’accord bilatéral historique noué entre la Chine et les États-Unis en novembre 2014. Obama fait désormais de la lutte contre le changement climatique une question d’héritage politique. Et en Chine, le sujet de préoccupation numéro un des classes moyennes urbaines est leur santé – la pollution de l’eau et de l’air notamment. Cette entente entre les deux plus gros émetteurs de carbone au monde crée des conditions plus propices à un accord. Le deuxième facteur est lié à la diminution du prix des alternatives : les progrès technologiques réduisent le surcoût des solutions bas carbone et atténuent la difficulté politique et financière à engendrer un changement à grande échelle. Ainsi, depuis 2013, plus de la moitié des nouvelles capacités de production d’électricité dans le monde exploitent les énergies renouvelables. Le succès de cette COP dépend aussi des actions menées par les villes, les collectivités locales ou les institutions financières. Récemment, la ville de Pékin s’est engagée à diminuer ses émissions après 2020, soit dix ans avant le gouvernement chinois. La présence de mille maires dans la capitale durant la COP21, peut faire la différence. Quel rôle joue la présidence française sur l’issue des négociations ? Seule la France a été candidate pour accueillir la COP21, celle où l’on doit impérativement trouver un accord international sur le climat. C’est dire l’ampleur du défi. Notre pays reste une grande puissance diplomatique. Présente au G7, au G20, au conseil d’administration de la Banque mondiale et du FMI, avec des ambassades dans le monde entier, elle est en mesure d’aborder la question climatique dans de nombreuses instances. Si la présidence française ne peut garantir l’engagement de tous les gouvernements, elle garde la main sur la question du financement et doit user de son pouvoir pour faire pression sur certains États comme les États-Unis qui sont très réticents à l’idée de financements publics supplémentaires. Une bonne présidence doit être en mesure de calmer les conflits durant les négociations et de proposer les bons compromis au bon moment. Comment se présente le reste de l’échiquier diplomatique ? Les Européens restent les bons élèves. Viennent ensuite ceux qui rattrapent leur retard, comme les Chinois et les Américains. Puis ceux qui font le chemin inverse et se révèlent aujourd’hui plus hostiles à un accord sur le climat – le Canada, le Brésil, l’Australie et le Japon qui, à cause de la catastrophe de Fukushima de mars 2011, a stoppé ses centrales nucléaires, importe du charbon et émet plus de CO2. Les pays les plus pauvres et les pays insulaires, déjà soumis aux effets du dérèglement climatique, poussent les pays riches et émergents à agir plus vite. Sur quels points faudra-t-il se montrer vigilant durant cette négociation ? La transparence des engagements et les mécanismes de vérification de ces engagements – notamment avec des pays comme la Chine – constitueront un élément important de la crédibilité de l’accord. Pour les pays les plus pauvres, l’enjeu majeur est celui de l’adaptation : les négociations de Paris doivent leur assurer les moyens de s’adapter au choc climatique. Paris doit être un accélérateur de la transformation en cours. Il ne faut jamais perdre de vue qu’il y a des choses négociables et des choses qui vont se faire d’elles-mêmes... L’industrie automobile n’a pas eu à obtenir l’accord des fabricants de diligences pour se développer ! Il en va de même pour les industries propres du futur.  Si l’accord est acté, comment en assurer le respect ? Les États ne sont pas prêts à faire pour le climat ce qu’ils ont fait pour le libre-échange. Contrairement à l’OMC, il n’existe pas de tribunal international du non-respect des engagements climatiques. Personne n’a poursuivi le Japon ni le Canada quand ils sont sortis du protocole de Kyoto. Si la contrainte sur le papier est assez forte, elle reste faible dans la réalité. D’où le besoin de transparence dans l’application des mesures, pour que la pression des pairs puisse s’exercer. Mais aussi l’importance de bien comprendre que lutter contre le dérèglement climatique n’est pas une contrainte, que c’est au contraire notre intérêt. Notre prospérité de demain dépend de la limitation du réchauffement à 2 °C. Comme le dit la patronne de la Confédération syndicale internationale : « Il n’y a pas d’emplois sur une planète morte. » Ségolène Royal, début juin, a déclaré que « les négociations de l’ONU sont totalement inadaptées à l’urgence climatique »… Elle n’est pas la seule à critiquer le processus de négociation. Pensez-vous qu’il soit possible de le modifier ? Si Paris est un échec, le processus onusien sera totalement décrédibilisé. L’emprise actuelle des négociateurs onusiens résulte d’années de désinvestissement des gouvernements sur le sujet. L’accord, en tant que compromis, doit intégrer une dimension politique que seuls les ministres et les chefs d’État peuvent apporter. Les négociateurs n’ont pas le pouvoir de faire cette partie du chemin, d’où l’importance des réunions politiques où il est possible de faire bouger les lignes. Si François Hollande veut être le président du climat, il devra mouiller sa chemise jusqu’au bout. La société civile aussi est très mobilisée. Comment s’organise-t-elle ? Quel est son poids sur les négociations ? En rassemblant plus de 300 000 personnes à New York en septembre 2014, la marche pour le climat a impacté les discussions à l’ONU. Ce genre de mobilisation marque les esprits et change la donne pour les gouvernants. La marche prévue dans Paris le 29 novembre, la veille des négociations, à un moment où tous les chefs d’État seront réunis dans cette ville, sera donc cruciale. Réservez votre week-end !   Propos recueillis par ANNE-SOPHIE NOVEL et PIERRE VINCE  " }

Préserver d’abord l’humanité

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La page 3 du 1 de cette semaine :

Humus, humanité, humilité

Pierre Rabhi

Depuis les origines, le paysan est le travailleur de la terre. Mais la modernité a apporté un changement radical. On a tourné la page d’une très longue histoire agraire et le paysan a fini par faire figure d’attardé de l’évolution. À ce mot tenu pour péjoratif de paysan, on a préféré le terme d’expl…

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