Si soucieux que l’on soit de ne pas abuser de la notion de « rupture », force est de constater que, le 1er décembre 2016, quelque chose dans l’arbre généalogique de la Ve République s’est cassé. Le fait nouveau n’est pas tant que François Hollande soit le premier président qui ait renoncé à demander au peuple le renouvellement de son mandat. Le fait nouveau consiste plutôt en deux ruptures.

La première tient à ce que, avec -Hollande, la ligne qui rattachait les présidents élus au suffrage universel à de Gaulle d’un côté et à Mitterrand de l’autre vient de s’interrompre. Du Général à Pompidou, de Pompidou à Giscard et de Giscard à Chirac, voire de Chirac à Sarkozy – bien que Juppé eût été le dauphin souhaité –, le pouvoir s’est transmis selon une loi de dévolution implicite, qui ajoutait à la légitimité du suffrage universel une onction quasi successorale. À bien des égards, la même ligne de continuité, profondément inscrite dans l’esprit mi-monarchique et mi-démocratique des institutions de 1958-1962, a joué, à gauche, en faveur de François Hollande. À vrai dire, l’héritier de

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