Il est des moments où, contraints de nous confronter à ce qui nous fait vivre, nous devons faire la part de l’indispensable et du superflu. Face aux questions qui structurent le débat public depuis deux mois, il pourrait paraître étrange de se préoccuper du sort des salles de cinéma, de l’arrêt des tournages, des intermittents du spectacle, de la disparition possible d’un tissu unique au monde de talents multiples. 

Le cinéma, appuyé sur des producteurs, grands et petits, une économie solide, une mutation numérique bien entamée, semblait à l’abri de toute crise. Aujourd’hui, les salles sont fermées. Elles ne savent ni quand ni comment elles vont rouvrir. Appliquer la règle d’un fauteuil sur deux, supprimer une séance par jour afin que les gens ne se croisent pas, cela peut sauver les réseaux les plus solides, mais beaucoup de salles ne pourront pas tenir. D’autant qu’on ne sait toujours pas ce qui pourra être projeté : toute la distribution a été perturbée, cent soixante tournages ont été interrompus en France, ce qui, au passage posera également un problème d’approvisionnement pour les télévisions.

La remise en route de la machine n’ira pas de soi : problèmes logistiques, défis sanitaires, modalités d’assurance… Comment assurer un tournage à la merci d’une deuxième ou d’une troisième vague de l’épidémie ? Et comment va se comporter le public ? La véritable rentrée aura-t-elle lieu en septembre avec une Fête du cinéma et peut-être même un succédané du Festival de Cannes ?

Tout le monde est touché : l’arrêt des tournages va affaiblir l’offre de Netflix, et si le lancement de la plateforme Disney profite évidemment du publi

Vous avez aimé ? Partagez-le !