Bien sûr, aucun président n’a jamais fait l’unanimité.

Bien sûr, les indices de popularité sont là pour varier et maintenir en haleine les commentateurs de tous bords. Et quand des députés de la majorité quittent le bateau LREM, il est facile de se voiler la face en rappelant l’épisode des frondeurs.

Bien sûr qu’il y a déjà eu des manifestations contre les retraites, et qu’avant les Gilets jaunes nous avons vu les Bonnets rouges.

Bien sûr.

Pourtant, ce qui s’est passé au cours des deux dernières années est loin d’être anecdotique. Et la colère qui s’exprime aujourd’hui est devenue si multiforme qu’il ne suffira pas au gouvernement de mettre en scène des reculs de façade pour en venir à bout.

Les Gilets jaunes : lésés. Certes, le gouvernement a suspendu l’augmentation de la taxe carbone et annulé la hausse de la CSG pour les retraités les plus modestes ; mais comment imaginer que le fait de revenir sur une décision injuste qui touchait au porte-monnaie les plus défavorisés puisse être interprété comme une réforme de progrès ? Les retraités : frappés de plein fouet. Repousser la date d’entrée en vigueur du futur régime universel ne peut suffire à en cacher la cruelle réalité : ce système conduira à amplifier à l’âge de la retraite les inégalités qui caractérisent déjà la période d’activité. À l’université, les chercheurs sont extrêmement précarisés ; la loi de programmation pluriannuelle de la recherche que prépare actuellement le gouvernement ne vise qu’à les fragiliser davantage. En privilégiant Darwin plutôt que les Lumières, la ministre de l’Enseignement supérieur fait montre non seulement d’une méconnaissance surprenante de la réalité du métier de chercheur, mais

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