Quel regard portait votre génération sur Jean-Paul Sartre quand vous l’avez lu pour la première fois ?

À l’époque où je l’ai découvert, il n’exerçait plus aucun impérialisme culturel. Sartre était considéré au début des années 1970 avec une certaine condescendance. La modernité avait déménagé de sa revue Les Temps modernes vers Foucault et les structuralistes, qui étaient les maîtres à penser de ma génération et plus précisément des blancs-becs des classes préparatoires. Sartre n’était plus un père, plutôt un grand-père sur son rocking-chair !

Je n’ai donc pas eu à subir l’impérialisme de sa pensée ni même à m’en défaire. Au contraire, j’avais envie de le protéger contre cette arrogance et je l’ai aimé parce qu’il m’a permis d’accéder à la philosophie, à laquelle je restais très extérieur avant de le lire.

« Il enquêtait sur l’existence un peu à la manière d’un romancier. C’est le miracle de la phénoménologie ! »

J’ai commenc

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