Depuis mon adolescence, un portrait de Simone Veil est accroché au-dessus de mon bureau. Sur cette photographie, elle porte un chemisier blanc et ses longs cheveux noirs sont détachés. Son regard fixe l’objectif avec une détermination qui impressionne. Elle est belle comme une star de cinéma. C’était mon héroïne à moi.

Son autobiographie, qui l’a consacrée comme femme de lettres et qui a connu un succès colossal et mérité, s’intitulait sobrement Une vie. Comme si sa vie n’était qu’une existence parmi d’autres, banale et ordinaire. Pourtant, quel destin. J’ai longtemps vu Simone Veil comme un personnage de roman. Comme dans les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature, cette jeune femme d’une beauté et d’une force stupéfiantes a brutalement quitté l’enfance, prise dans le tourbillon macabre de l’Histoire. Celle qui a eu 16 ans à Birkenau, qui a connu les effroyables marches de la mo

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