En quoi Simone Veil a-t-elle incarné la mémoire d’Auschwitz de manière particulière ?

Elle est la première à avoir dit publiquement que si la mémoire de la Shoah ne s’était pas ancrée en France, ce n’était pas parce que les déportés ne voulaient pas parler, mais parce qu’on ne voulait pas les entendre. Au retour des camps, seuls les déportés de la résistance ont été écoutés. Sa sœur Denise Vernay, résistante et amie de Germaine Tillon, a été honorée à son retour de Ravensbrück. Ce contraste entre les résistants et les déportés, pour la simple raison que ces derniers étaient juifs, était une réelle souffrance pour Simone Veil ; elle aussi souhaitait parler. Dès son retour en France, elle a voulu raconter son expérience, à ceux qui l’entouraient d’abord, puis au reste du monde. Elle en a eu pleinement la possibilité à partir de 1974, grâce à la notoriété qu’elle a acquise en tant que ministre de la Santé. On retrouve ses témoignages dans les archives de l’INA. 

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