On le savait déjà, clignent de l’œil certains demi-habiles : fille aînée du capital, la presse n’est pas libre et ne l’a jamais été. Pas plus hier, sous le règne de messieurs Lagardère et Dassault, qu’aujourd’hui, sous les habits neufs de messieurs Niel et Drahi. Un mois après la parution du Monde libre, livre sur la destruction d’un monde qui m’aura tôt déçue, mais que j’aurai jusqu’au bout espéré changer, je l’ai souvent entendue, cette phrase-là. Et pourtant non, tout le monde ne « sait » pas au sein de la presse, ou plutôt ne veut pas savoir, c’est même là l’un des plus importants verrous du système. Dans les médias, les ressources du déni sont encore immenses, peu de journalistes veulent bien reconnaître, même portes fermées, les répercussions sur leur travail du rachat de leurs titres par de grands groupes industriels. « Ici, nous n’avons pas de problèmes de ligne », assure tel journaliste d’un célèbre quotidien. « Jamais on ne m’a dit de ne pas écrire ça », jure un autre la main sur le cœur. Et le pire c’est que c’est le plus souvent vrai. On n’a m&e

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