Le nucléaire

La production d’électricité nucléaire repose sur la fission d’un atome d’uranium en deux noyaux plus légers, ce qui émet de l’énergie (dans la bombe atomique, cette réaction est déclenchée de manière incontrôlée, et en utilisant de l’uranium enrichi). Le nucléaire civil fournit environ 70 % de l’électricité française, proportion amenée à descendre à 50 % à l’horizon 2035. Le futur fleuron de l’industrie nucléaire française devrait être le réacteur pressurisé européen (EPR), présenté comme plus sûr et plus performant. Des prototypes sont en opération en Chine et en construction en Finlande, mais en France l’EPR de Flamanville a connu de nombreux retards et son coût de construction a flambé. L’Europe est divisée face à l’atome. L’Allemagne a choisi d’abandonner la filière depuis l’accident de Fukushima en 2011. D’autres pays, comme la Pologne ou la Hongrie, se lancent dans l’aventure pour remplacer des sources plus émettrices de gaz à effet de serre comme le charbon.

Contrairement aux énergies intermittentes, le nucléaire fonctionne la plupart du temps – 75 % environ – et produit ainsi des volumes plus importants d’électricité. Mais il n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Le refroidissement des réacteurs recourt à l’eau – généralement des rivières –, qui est donc constamment réchauffée. Ce procédé peut poser problème en cas de canicule. Par ailleurs, du tritium – une substance dont les conséquences sur l’environnement et la santé font l’objet de recherches – est rejeté dans cette eau. L’électricité nucléaire se veut bon marché mais ce prix ne tient pas compte de tous les coûts futurs, tels que ceux du démantèlement des centrales ou de la gestion des déchets radioactifs. Environ 90 % sont des déchets à vie courte (ferraille, matériaux de construction…) : ils perdent leur réactivité au bout d’une trentaine d’années. Les 10 % restants, en revanche, restent radioactifs bien plus longtemps. Après un « retraitement » dans l’usine de La Hague, une partie peut potentiellement redevenir du combustible. Les déchets ultimes doivent être stockés en « couche géologique profonde » pour des centaines, voire des milliers d’années.

Les réacteurs, eux, ont été imaginés pour durer quarante ans lors de leur conception. L’Autorité de sûreté nucléaire vient de les autoriser à fonctionner dix ans de plus. Ensuite, le processus de fin de vie est complexe et coûteux : selon EDF, le démantèlement de Fessenheim coûtera au moins 500 millions d’euros.

 

Deux scénarios

EN 2050 – Objectif : -75 % de gaz à effet de serre (par rapport à 1990)

Prérequis des scénarios d’avenir :
– efficacité : diminuer les pertes d’énergie (isolation thermique des logements, électroménager plus économe…) ;
– sobriété : adapter sa consommation (le vélo au lieu de la voiture, un logement plus petit pour chauffer moins…) ;

– stockage de l’électricité solaire et éolienne (batteries lithium-ion, pompage dans les centrales hydroélectriques, transformation en gaz par électrolyse de l’eau…) ;
– réseaux intelligents, pour équilibrer la demande et l’offre d’électricité (par exemple, stopper les appareils la nuit, lorsque le photovoltaïque ne produit pas).

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