Les chiffres déchiffrés

Mention passable pour l’école française

L’école française a elle aussi ses notes. Et elles ne sont pas brillantes : le niveau moyen des élèves français en mathématiques en 2012 les classe en 25e position d’un palmarès mondial portant sur 65 pays, juste derrière la République tchèque. 21e place en ce qui concerne la compréhension écrite (derrière le Vietnam) et 26e place en culture scientifique (derrière la Lettonie). Plus grave encore : la France recule d’année en année dans ces palmarès ! Enfin, l’école française creuse toujours plus l’écart entre mauvais et bons élèves, gonflant le nombre des premiers et défavorisant particulièrement les enfants d’immigrés.

Ces résultats inquiétants, largement commentés, proviennent du programme PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) piloté par l’OCDE. Dans ce cadre, des enquêtes sont réalisées tous les trois ans depuis 2000 auprès d’élèves de 15 ans dans de nombreux pays. La ­compréhension de l’écrit, la culture mathématique et la culture scientifique sont les trois piliers des évaluations menées. En 2012, lors de la dernière vague d’enquêtes, 470 000 élèves ont été interrogés dans 65 pays, dont 5 000 en France. Ce dispositif est aujourd’hui devenu incontournable et secoue à intervalles réguliers l’opinion publique : les Allemands ont connu un véritable « PISA-Schock » en 2000, à l’origine de nombreuses mesures politiques ; après la publication de l’enquête de 2012, cela a été le tour de la France, mais aussi des États-Unis et de la Finlande.

Des voix se sont élevées pour contester la validité de ces palmarès. Les tests, conçus par un consortium d’experts, pour la plupart anglo-saxons, seraient culturellement biaisés : importance des QCM, formulations et exemples typiques des programmes scolaires en application dans ces pays… Mais ces critiques ont fait long feu devant le pouvoir persuasif des chiffres et des classements, ainsi que devant certains résultats qui – comme en France – mettent l’école face à une certaine vision, peut-être partielle mais néanmoins pertinente, de son action. 

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