Contrepied

La Méditerranée, éternel cimetière marin

En 1920 Paul Valéry a écrit un long poème métaphysique sur le temps et la mort. Il l’a appelé « Le Cimetière marin » parce qu’il avait été obsédé par le mystère de la mer, la fascination de ses secrets et la quête de l’immortalité. Depuis, chaque fois que des marins sont avalés par les flots et ne reviennent plus, on parle de la mer en tant que tombeau insondable et sans appel. 

En regardant les photos de ces corps d’immigrés ayant trouvé « asile » dans les fonds marins au large de Lampedusa, on pense à ce poème avant d’imaginer comment et pourquoi ces personnes ont eu cette fin tragique. Ainsi des hommes et des femmes ont fondu dans une épaisse absence, dans une profonde solitude. La mer est devenue leur dernière demeure, le cimetière de tout ce dont ils ont rêvé, le tombeau de toutes leurs espérances. Leurs yeux se sont perdus dans les flots. Leurs corps se sont dissous dans les algues et le silence. Leur mémoire s’est vidée de ses souvenirs. Que dire ? Qu’écrire ? Les dieux et le ciel sont indifférents. 

 

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