Le télétravail, véritable marronnier des prospectivistes, est longtemps demeuré marginal. La première floraison de prophéties enthousiastes remonte à 1971, quand AT&T, alors la principale société de télécoms, annonce sa généralisation à tous les travailleurs américains pour 1990. D’innombrables études et rapports officiels ou de cabinets de conseil, tenant plus de la fiction que de la science, se succèdent ensuite au fil des décennies, jusqu’à celui du très sérieux Centre d’analyse stratégique, organe officiel de prospective, qui prédit en 2009 que 40 à 50 % des salariés français télétravailleront avant dix ans.

En même temps, des chiffres mirifiques issus de sondages fantaisistes se multiplient, qui confondent le plus souvent le télétravail avec le travail mobile ou en débordement (ingénieurs commerciaux, cadres travaillant le soir ou le week-end…), un des plus récents, publié par Malakoff Médéric-Humanis en février 2019, évaluait ainsi à 29 % la proportion de télétravailleurs. Mais en novembre dernier, une enquête plus rigoureuse publiée par la Dares douche un peu les enthousiasmes : en 2017, 3 % des salariés pratiquaient le télétravail au moins un jour par semaine, et 4 % une ou quelques journées par mois. C’est davantage pour la catégorie des cadres (11 %), mais encore très en dessous des divagations des cabinets de conseil.

Il est pourtant vrai que depuis une dizaine d’années, certains grands groupes ont introduit le télét

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