Si l’on veut saisir la portée du maillot jaune, sa valeur symbolique, appréhendons le Tour pour ce qu’il est : une fable à la morale ambiguë que Roland Barthes comparait à une « comédie classique » où le spectacle naît « d’un étonnement des rapports humains ». Le Tour scénarise, arbitre nos duperies, nos élans. Il mesure jusqu’au désenchantement la force de nos attachements, car le Tour ne prétend pas à la sainteté, le divin y côtoie le démoniaque. Sans doute faut-il des trahisons, des coups fourrés, des repentances pour qu’on parle de vertu. Ses héros ? Des hommes simples, qui nous ressemblent : cupides, faillibles, sans religion, capables de renier leur parole pour ce maillot jaune, ce bout d’étoffe jadis en laine dont le rite relève du Saint-Sacrement. Parce qu’il offre – à ceux qui l’endossent – cette occasion rare, unique, inestimable, de laver leurs offenses et de s’incarner dans quelque chose de meilleur.

Certains ont pleuré en son nom.

Je pense à André Leducq après sa chute dans le col du Télégraphe en 1930, dans une attitude qui inspirera le scul

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