Étranges jours d’avril : l’incertitude règne. Et le sentiment d’impuissance. On sent monter une angoisse tenace. L’air devient irrespirable, les injustices se creusent, la mauvaise foi se répand, l’eau manque, le racisme et la haine la remplacent, les mensonges s’appellent désormais fake news. Trump, Poutine, Erdogan : les guerres montrent leur museau comme chaque fois que le nationalisme resurgit. Nous avons peur. J’ai peur. L’avenir ressemble à un paysage noyé d’éclairs, vu à travers un pare-brise quand il pleut à torrent. 

Hamon, Macron, Mélenchon, Fillon : ces syllabes ressemblent à une formule magique qui ne marche pas. Un abracadabra dérisoire qui donne le tournis. C’est d’abord cela que révèle l’hésitation, le grand désir d’abstention, l’indécision de millions d’entre nous. Pourquoi ne pas réfléchir alors à ce qu’est ce sentiment anxiogène ? Faire un pas de côté. Ralentir, interroger les âmes indécises.

– Vois-tu, me dit mon amie F., mon esprit penche. Quand je décide de quelque chose, alors, instantanément, je vois, oui, je vois à quel point un autre choix serait

Vous avez aimé ? Partagez-le !