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Une victoire possible, juste possible
Olivier Duhamel
Emmanuel Macron veut porter son « mouvement […] jusqu’en 2017 et jusqu’à la victoire » – il l’a dit le 12 juillet 2016 dans sa prédéclaration de candidature à l’élection présidentielle. Dans notre pays, très formaliste, le microcosme attend encore la déclaration officielle. Nous verrons bien si et quand elle interviendra. L’intention ne faisant en tout cas pas de doute, raisonnons comme si les événements ne venaient pas la contrarier.
Macron a justifié sa démission, lors de son allocution de Bercy, par la nécessité d’opérer « des transformations en profondeur de notre système politique ». Pour deux raisons : parce qu’il a « touché du doigt [ses] limites » qui empêchent trop souvent une action politique dans l’intérêt général ; et parce que « penser que l’organisation politique serait […] immuable, ce serait le meilleur moyen de livrer notre pays aux extrêmes ». Cette intention et cette explication appellent à réfléchir aux conditions dans lesquelles il pourrait tant conquérir le pouvoir que le changer.
[Macronie]
Robert Solé
On l'a bien compris : c’est d’abord « pour créer de la mobilité » qu’Emmanuel Macron a appelé son mouvement En marche ! Mais comment désigner les marcheurs qui lui emboîtent le pas ? De Gaulle a engendré des gaullistes et Mitterrand des mitterrandistes. Faudra-t-il dire les « macronistes » ?