La première fois que j’ai mis les pieds à Wuhan, c’était en décembre 2011. Après seize heures de train depuis Pékin – le train à grande vitesse n’était pas encore en service –, j’ai compris pourquoi Wuhan était si célèbre pour sa météo peu clémente. Chaud et humide en été, froid et humide en hiver. Wuhan n’est pas équipée en chauffages, héritage d’une répartition maoïste du pays en fonction de la ligne Qin-Huai (la rivière Huai et les montagnes Qin) divisant la Chine entre un nord pourvu de chauffages centraux, et un sud qui n’y a pas droit. Je n’ai, durant cet hiver, jamais cessé d’avoir froid, ni jamais réussi à sécher complètement après avoir pris une douche.

Je suis arrivé à Wuhan sur la promesse d’une chanson, « Da Wuhan » (le Grand Wuhan), du plus célèbre groupe de punk chinois originaire de la métropole, SMZB (Shengming Zhi Bing, littéralement « la crêpe de la vie ») : « Voilà une ville punk – Wuhan ! On chante pour toi – Wuhan ! On a commencé à se révolter et à se battre à Wuhan ! Tout le monde trinque à ta santé ! »

Mon périple wuhanais a débuté à Wuchang, l’un des trois districts de cette immense ville industrielle, aujourd’hui connu pour abriter les principales universités de la ville, faisant du district l’un des plus jeunes et des plus pourvus en bars et salles de concert. Située au cœur de la ville, la rue Lumo s’étend sur plus de quatre kilomètres, elle débute à Optic Valley Square, une énorme place peuplée de centres commerciaux et perpétuellement en travaux, et se termine au nord sur le lac de l’Est, Donghu, près du jardin

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